samedi 30 janvier 2010

Le visiteur du soir....

Depuis le temps que j’en parle………je ne pouvais pas clore le chapitre concernant ce voyage sans vous en montrer une photo.
Evidemment le fennec n’est pas venu nous voir le seul soir où j’avais pris mon appareil avec moi pour le repas. Classique………je m'y attendais.
En revanche, un de mes compagnons de voyage plus chanceux et plus prévoyant vient de m’en faire parvenir une…….c’est trop chou !!


mercredi 27 janvier 2010

En attendant...........

Et bien voilà……..en attendant le prochain départ j’ai retrouvé mon quotidien et mon home sweet home avec l’émotion d’un SDF ayant vécu sous les ponts tout l’hiver.
Mon lit, quasiment deux fois plus grand que la tente que j’occupais, m’attendait aussi impatient qu’un amoureux délaissé (ça s’est vu dans le frémissement de la couette……..elle souriait), et j’ai quasiment sauté de mon paillasson à la baignoire sans toucher terre………….
J’ai pataugé dans l’eau chaude jusqu’à ce que mes doigts deviennent tout fripés, j’ai dormi en étoile afin d’occuper tout l’espace, et j’ai regretté de ne pas avoir eu envie de faire pipi au milieu de la nuit car j’aurais savouré le plaisir de faire 3 pas au lieu de me retenir en songeant au froid, à la nuit, aux fennecs dans l’obscurité (au fait ? ça mord ces bestiaux ?), et à tout le pétard que j’aurais fait dans la tente en m’extirpant du duvet.
J’ai repris le boulot hypra détendue, l’esprit flottant encore un peu là bas et en retravaillant mon carnet pour vous raconter mes journées j’ai réalisé que finalement les voyages on les porte encore longtemps en soi. Ils nous transforment petit à petit, par touches délicates, à condition d’en avoir envie……parce qu’on peut tout aussi bien traverser le monde et la vie en étant totalement imperméable à ce qui nous entoure.
Il me semble avoir enfin compris cette fois ci au cours de ce trek pourquoi c’était toujours dans ces conditions un peu spartiates et loin de mes repères que j’avais vraiment le sentiment d’être dans l’instant présent. A force de vivre dans un environnement que l’on connaît par cœur on finit par ne plus le voir et ne plus l’apprécier comme il le faudrait. On avance le nez dans le guidon, dirigé vers demain en oubliant aujourd’hui. Quand ce quotidien disparaît et que tout est à découvrir, que nos repères ne sont plus là pour nous rassurer, nos sens se «re»mettent alors en route, pour s’adapter, pour absorber et créer de nouveaux repères. L’instant présent redevient alors important et prend toute la place puisqu’il nous aide à nous familiariser avec toutes ces nouveautés qui nous entourent. Demain est un autre jour auquel il sera bien temps de penser plus tard puisque qu’aujourd’hui reste à découvrir…..
Je ne sais pas si je me fais bien comprendre…………
Bref ! ça fait du bien, et ça aide à repartir d’un bon pied……………..et rien que pour ce plaisir, ça vaut bien la peine de sentir le fennec durant quelques jours !

lundi 25 janvier 2010

Jour 6

Ce jour là ayant duré quasiment 48h, je n’ai pu m’isoler avec mon carnet un seul instant et ce n’est qu’une fois de retour dans le froid janvier de l’Isère que j’ai écrit les lignes qui suivent.

Vendredi 15 Janvier 2010.

Aujourd’hui se termine notre randonnée.
Dernière nuit sous la tente et lever avant le soleil pour ne pas perdre une seconde de cette journée qui s’annonce particulièrement chargée. Il faisait 2°c quand nous avons ouvert les yeux et j’ai eu du mal à trouver suffisamment de motivation pour m’extirper de mon duvet. La promesse d’une vraie douche en fin d’après midi m’a considérablement aidé…….à condition qu’il y ait de l’eau chaude dans ma chambre…….., rien n’est moins sur !!!
Ça sent un peu la fin et nous parlons tous déjà d’échanger nos coordonnées pour les photos, les nouvelles, etc…….
Mon avion décolle à l’aube demain et il y a fort à parier que ma nuit à venir sera très courte………tout comme j’aime, aaaargghhhhhhh.
Je regarde mon sac à dos en espérant que j’aurai l’occasion de le ressortir à nouveau très vite et déjà dans ma tête de nouveaux projets se forment…….(à suivre….)
Une heure de marche nous attend avant de rejoindre le minibus qui nous avait conduit à notre point de départ. Petit arrêt au campement du chamelier où nous pouvons admirer son troupeau, puis nous montons rapidement dans le véhicule car une longue route nous attend.



Visiblement nous sentons beaucoup moins bon qu’à l’aller…………..les petits bâtons de «je ne sais quoi» que fait brûler notre chauffeur à l’avant me font sourire. Je me suis habituée à ma peau qui colle et à mon pantalon crado, mais c’est plus difficile pour ceux qui n’ont pas partagé cette semaine avec nous……
Au programme de cette journée interminable, durant laquelle nous avons beaucoup roulé, la visite de l’oasis de Bahariya, sa source d’eau chaude et son musée des Momies dorées.
Il y a des mots qui font rêver, et parmi eux, en ce qui me concerne, «Oasis» arrive dans les premiers (après saucisson, fromage, et vin rouge….tout de même !). Je ne sais pas pourquoi !. On dit bien un «oasis de paix» ? Non ? et dés que ce mot est prononcé mon imagination me plante un décor de rêve, de la fraîcheur mais pas trop………, de la chaleur mais pas trop…….., des corbeilles de fruits à gogo, l’ombre des arbres, le clapotis de l’eau, etc………..
En bref, le paradis………
Nous avons traversé quelques oasis lors de notre retour………et jusqu’à preuve du contraire j’assimilerai désormais ce mot à d’immenses décharges publiques disposant d’une arrivée d’eau et de 3 arbres.



Il m’a semblé que Bahariya venait d’être bombardée juste avant notre passage, et le doute persiste encore. Immondices dans les rues poussiéreuses, maisons à moitié construites ou à moitié détruites…..et surtout, phénomène auquel je n’étais pas du tout habituée, PAS une femme dans les rues !!!!. Du monde, de l’animation, mais que des hommes………ça fait froid dans le dos.
A un moment cependant nous verrons deux ombres noires totalement voilées se tenir sur un trottoir et observant de loin un groupe d’hommes. Je les ai regardées un moment, depuis la terrasse où nous prenions notre repas de midi, avant de comprendre leur manége. Avec un téléphone portable elles ont envoyé un texto à l’un des hommes se situant à moins de 10 m d’elles. Il l’a reçu, s’est alors dirigé vers sa voiture puis est passé prendre les deux femmes chargées de paniers. Elles ne l’ont pas appelé alors qu’il était à portée de voix, et n’ont pas traversé la rue alors qu’il n’y avait que quelques pas à faire……………
Difficile de rester neutre et de ne pas ressentir quelque chose en assistant à ce genre de scène. Tous ces hommes libres, rigolant entre eux, buvant du thé aux terrasses, essayant une moto comme c’était le cas devant nous, parlant à voix haute, les bras nus, la tête découverte…………et ces femmes, que nous verront plus nombreuses en nous rapprochant du Caire, muselées et ayant à peine le droit d’exister à la lumière du jour, sinon sous un voile……



Le musée est à l’image de la ville……..sordide. Une sorte de hangar froid et lugubre sur lequel on tombe au hasard des petites rues. Appareils photos et sacs sont interdits, et c’est avec stupéfaction que l’on découvre dans une pièce froide et mal éclairée l’un des nombreux trésors de l’Égypte. Ces momies magnifiques datant de l’époque gréco romaine sont fascinantes car par les dessins qui les recouvrent elles racontent l’histoire de ceux auxquelles elles appartiennent. Une jeune mariée morte le jour de ses noces, un couple de dignitaires puissants, etc……pour chaque momie j’aurais voulu qu’on me déchiffre son histoire…..
Deux tombeaux à quelques pas du musée me feront le même effet, et ces merveilles au cœur de cette ville en état de décomposition me serrent le cœur.



Nous reprenons notre longue route pour le Caire en début d’après midi et j’alterne les phases d’éveil et de sommeil………..en prévision de la nuit qui m’attend.
L’entrée dans le Caire est épique !! Il semblerait que toute la ville soit sur les routes et nous enchaînons les embouteillages avant de rejoindre notre hôtel. Nous déposons deux de nos compagnons à la gare car ceux-ci prennent le train de nuit pour Louxor où les attend un bateau sur lequel ils descendront le Nil la semaine prochaine. Je les envie un peu car je ne suis pas pressée de rentrer.
Arrivés tard, nous ne disposons que d’une heure à l’hôtel pour nous doucher avant de repartir sur les bords du Nil dans un petit restaurant que j’espère calme et typique et conseillé par notre guide qui nous y a réservé une table.
Emotion dans la salle de bain où je me précipite, le filet d’eau qui coule est froid !!. Impossible cependant de renoncer à une vraie toilette dont j’ai rêvé toute la semaine et qui s’avère indispensable. Je prends mon courage à deux mains et rentre dans la baignoire minuscule en me disant que ce ne sera qu’un mauvais moment à passer et que dans moins de 24h je fondrai littéralement dans l’eau fumante de ma baignoire en France.
Dans la précipitation, je me prends les pieds dans le rideau de douche, me rattrape au bord, pour finalement m’étaler de tout mon long au risque de me rompre les os….......souuuuuupir !!!!
Au moins je suis mouillée et, agréable surprise, l’eau finira par tiédir rendant le rinçage plus agréable………sans être délicieux !
Le restaurant sera à la hauteur de mes craintes, le guet apens réservé aux touristes qui se fient aux conseils de leur guide plutôt que d’arpenter les rues à la recherche de l’endroit idéal. Mais il est trop tard, et la ville trop grande, trop inconnue, trop grouillante de monde malgré l’heure tardive, pour que nous puissions partir à l’aventure. D’autant que le temps passe à toute allure, et que nous devons quitter l’hôtel à 2h du matin pour l’aéroport (et j’espère naïvement grappiller 1 ou 2h de sommeil). Il nous faudra donc subir la sono particulièrement forte d’un chanteur égyptien local, dans une salle glaciale et à moitié vide, et regarder perplexes nos desserts arriver encore sous leur film de cellophane. Décidément ça sent vraiment la fin…..
Personne n’a vraiment envie de s’attarder, les serveurs sautillent sur place en attendant qu’on décampe, et la dernière bouchée avalée on rentrera à l’hôtel pour tenter de dormir avant d’attaquer la longue nuit du retour……..

dimanche 24 janvier 2010

Jour 5

Jeudi 14 Janvier 2010

Pause repas ce midi dans un oasis. Le premier depuis le début de notre randonnée.
Je pensais trouver une grande étendue d’eau ainsi que des forêts de dattiers, et le petit groupe d’arbres qui nous attendait autour d’un modeste bassin m’a un peu déconcerté…….



En revanche cela a été l’occasion de pouvoir enfin nous asperger d’eau et  nous laver les cheveux.
C’est pour ces moments de vrai bonheur que j’aime couper avec mon quotidien tout confort.
Extase générale………….
Il nous a fallu, avant d’atteindre cet oasis, marcher toute la matinée au milieu d’un désert de caillasse et de sable en pleine chaleur.



Au bout de 3 jours j’ai enfin compris comment marcher dans le sable en minimisant mes efforts. Je marche dans les traces d’un autre ayant grosso modo le même pas que moi. Le sable tassé sous ses chaussures s’enfonce moins et la progression devient alors plus facile.
D’ici peu je n’aurai plus rien à envier à Laurence d’Arabie.
Autre découverte, ce sont les multiples usages du Chèche qui s’avère indispensable dans ce type de voyage.
Au cours de la rando il me sert à la fois d’écharpe pour me couvrir la nuque et éviter les coups de soleil, de châle lorsque nous nous asseyons à l’ombre et que le vent rafraîchit l’air, de serviette de toilette lorsque je m’asperge d’eau avec la gourde, de turban le soir pour couvrir les cheveux, et d’oreiller que je roule en boule pour me caler la tête la nuit. Il est cracra……….mais je ne peux m’en passer.
Je l’ai depuis des années et il ne me sert jamais autant que durant ces périodes.



Nous avons terminé la journée sur un magnifique coucher de soleil après avoir traversé durant des heures une sorte de mer de petits champignons calcaires s’élevant autour de nous.






Et comme d’habitude, le Karkadé nous attendait au bivouac……….


vendredi 22 janvier 2010

Jour 4

Mercredi 13 Janvier 2010

Il parait que 80% des touristes qui marchent dans le désert sont des français………
Hier soir nos chameliers nous ont beaucoup fait rire en nous racontant le comportement des japonais dans le désert où ils ne viennent généralement qu’une seule journée en 4x4 et où ils découvrent tout surpris qu’il n’y a pas de toilettes publiques derrière les dunes………
Nous avons alors demandé ce que font généralement les français

- ils marchent……

Le guide que nous avions au Caire pour la visite des pyramides nous a d’ailleurs laissé partir en nous disant qu’il fallait être complètement excentrique pour aller marcher dans le désert.
J’ai ri à l’évocation des japonais errant à la recherche des toilettes mais cela étant je déteste entendre les gens se moquer des touristes dit «clichés».
Il n’est pas rare à l’étranger de croiser des bus entiers de vacanciers heureux de ce dépaysement, alternant les visites en bataillons rangés, appareil photo autour du cou, et peuplant les hôtels des bords de mer.
A chacun son style, le but étant de se faire plaisir…………
Voyager coûte cher. J’ai la chance de pouvoir m’offrir ce rêve que d’autre ne réaliseront peut être jamais, et je comprends parfaitement la satisfaction que l’on peut ressentir à fouler le sol d’un pays étranger, loin de son quotidien, même si c’est en masse sur une plage, ou serré dans une file d’attente à l’entrée d’un musée.
En découvrant d’autres pays et d’autres cultures il me semble que l’on apprend la tolérance et la différence, à commencer par celle de nos propres compatriotes……
J’aime voyager dans des conditions inconfortables, au profit de ce qui semble être à mes yeux l’authenticité, mais je comprends parfaitement que cela soit désagréable pour certain et pas du tout attirant. Je le répète, le but est de se faire plaisir……….et chacun recherche des choses différentes en voyageant.
Autre particularité des français, semble t’il, d’après notre guide nous serions les plus respectueux des us et coutumes du pays. Tant mieux !
Il est vrai que j’ai laissé à la maison tous mes pantacourts, préférant un pantalon long de marche qui me couvre jusqu’aux chevilles.
En revanche si mes cheveux sont constamment couverts c’est dans un souci d’esthétique, ceux-ci n’ayant pas vu un shampooing depuis samedi matin.
Pas de décolleté non plus, ne serait ce que pour me protéger du soleil.
Nous continuons notre marche, toujours aussi fantastique………



Aujourd’hui le ciel est uniformément bleu, contrairement à hier où il était plus couvert.
Certaines ascensions pour accéder aux plateaux me font tirer un peu la langue mais à l’arrivée, essoufflée, les panoramas me récompensent largement.



Les caractères des membres du groupe sont différents et c’est intéressant de partager ensemble nos expériences.
Un couple de retraités en particulier (mais retraite professionnelle s’entend, car ils n’arrêtent pas…..), amoureux du désert et des voyages, est passionnant, très drôle, riche en anecdotes tout en faisant preuve d’une grande écoute. C’est un vrai plaisir de partager cette semaine avec eux……ainsi qu’avec mes autres compagnons.
Ma colocataire de tente a tout à l’heure trouvé une sorte de pierre ronde qui ressemble à un œuf de serpent……..
Je lui ai dit que tant que le doute persisterait il était hors de question que cette chose passe le seuil de notre tente.
Il fait bien trop froid pour craindre de tomber sur un serpent, mais je ne préfère même pas envisager l’idée……….



Nous avons aujourd’hui vu et «entendu» une dune «chantante». On en connaît que 20 dans le monde et il m’en reste donc encore 19 à découvrir.
Je ne savais même pas ce que c’était lorsque notre guide nous en a parlé pour la première fois. C’est lui qui l’aurait découverte (portant à 21 le nombre de dune…)
Nous sommes tous allés nous percher au sommet de celle ci (sur le «sif»), assis les uns à coté des autres, et nous nous sommes laissés glisser en silence dans le sable, provoquant ainsi un son grave accompagné d’une sorte de vibration.
Ce qui était merveilleux, c’était le silence qui régnait entre nous, notre progression lente sur les fesses, et nos airs d’enfants réjouis. Unique !
Chaque midi le chamelier nous prépare des galettes chaudes que nous partageons en deux, un peu comme des kebabs mais en plus fin et plus léger, et dans lesquelles nous étalons un mélange de fromage et de crudités, quand ce ne sont pas des sortes de ratatouille.



Franchement je ne meure pas de faim et je me régale !!




La cuisine ......

mercredi 20 janvier 2010

Jour 3

Mardi 12 Janvier 2010

Cette nuit j’ai eu bien chaud grâce à l’épaisseur de mes deux polaires et j’ai mieux dormi, avec juste un peu le sentiment d’être saucissonnée. Il n’y a plus que mon nez qui dépasse du duvet, seul contact avec l’air nocturne particulièrement glacial.
Chaque soir j’ai une petite pensée pour le prince charmant de meilleure coupine en enfilant les chaussettes chaudes et douillettes qu’il m’a offertes l’an dernier. Je ne les ai jamais autant appréciées qu’en ce moment.
Difficile de faire un geste dans cette tente sans éborgner ma voisine, mais bon, au moins l’avantage c’est qu’elle est quasiment aussi facile à plier qu’un mouchoir de poche et du coup le bouclage des sacs chaque jour s’opère relativement vite (d’autant qu’en plus ce n’est pas la toilette qui nous retarde……..).
Moi qui ne déjeune habituellement jamais le matin (juste une tasse de thé avalée 5 minutes avant de partir bosser), j’engloutie avec appétit des sortes de galettes que je recouvre de miel.
Comme je ne suis pas très adroite, mon pantalon en plus d’être recouvert de sable et de la craie des roches est devenu un peu collant…………le miel………
Mais bon, ça n’est pas vraiment hyper pratique de manger assise en tailleur sans en mettre partout. Cela demande un minimum d’entraînement que je n’ai pas encore.



Je profite de la halte du repas de midi pour écrire ces lignes. Le guide et le chamelier nous préparent accroupis le repas et je commence à saliver. Ils ont décliné notre aide et du coup on peut se reposer assis sur les matelas disposés par terre.



Les deux chamelles qui nous suivent attendent chacune un petit et marcheront et porteront jusqu’au dernier jour avant de mettre bas. Elles nous regardent paisiblement en ruminant sans fin.



Aujourd’hui le temps est plus couvert et apporte un soupçon de fraîcheur qui n’est pas désagréable pour marcher. Les paysages se suivent et se ressemblent mais difficile de s’en lasser tant c’est spectaculaire.
Et puis, impression curieuse, je marche l’esprit totalement vide, absorbant juste les images qui défilent devant moi. Impossible de retenir la moindre pensée et mon cerveau me fait l’effet d’une pièce traversée par un courant d’air…………(umberbracht est prié de ne faire aucun commentaire !!)
C’est reposant et ça fait un bien fou !
Chaque soir depuis le début de notre trek, un fennec (certainement pas le même étant donné les Kms que nous parcourons dans la journée) vient nous rendre visite au moment du repas. Il s’assoit à la limite entre l’obscurité de la nuit et la lumière de notre bivouac et regarde avec envie notre repas.
Il ne semble pas du tout impressionné par notre présence et il s’en faudrait de peu pour que nous puissions l’approcher et le toucher.
Du coup lorsque je me glisse dans mon duvet le soir je pense à mes petites galettes «Bonne Maman» à l’extérieur dans mon sac à dos et qui risquent peut être de disparaître brutalement au cours de la nuit…………
Je découvre aussi une boisson curieuse qui nous attend tous les jours au bivouac après la marche et en guise d’apéritif. Il s’agit du Karkadé, un liquide rouge fabriqué avec des fleurs d’hibiscus.
Mon premier contact avec cette boisson n’ pas été terrible car ils en proposaient au petit déjeuner à l’hôtel où nous étions au Caire et persuadée qu’il s’agissait de jus de raisin j’en ai avalé une grande gorgée que j’ai bien failli recracher aussi sec. Le goût est très particulier, un peu âpre, légèrement amer.
Ici dans le désert, on nous le sert chaud et sucré et peu à peu j’apprends à l’apprécier en regrettant tout de même que ça ne soit pas du vin chaud.
Au chapitre marche, nous sommes montés tout à l’heure en crapahutant un peu au sommet d’un plateau qui nous a permis de dominer et d’observer le désert sur des kilomètres alentour. C’était saisissant………..



mardi 19 janvier 2010

Jour 2

Lundi 11 Janvier 2010

Au moment où j’écris ces lignes je suis assise dans le noir, ma lampe de poche plus que faiblarde éclairant mon carnet, un chèche enroulé autour de la tête pour me tenir chaud, et à quelques mètres de moi autour d’un feu de camp mes camarades chantent en riant avec le chamelier et le guide qui tapent sur des bidons vides.
Nous nous sommes réveillés ce matin au milieu d’un paysage grandiose et magnifique que nous n’avions pu voir la veille à cause du jour qui était déjà tombé à notre arrivée.
Je sens que je vais me régaler et mon premier geste, à peine les yeux ouverts, a été de saisir mon appareil photo.



Ce n’était en fait qu’un tout petit aperçu de l’ensemble des merveilles que nous avons pu voir aujourd’hui………
Comme nous sommes en Janvier les premières heures de la matinée sont plutôt fraiches (0°C en se levant……ouuuuche !), et dés que le soleil se couche (avant 18h) il faut se couvrir.
Je n’ai pas eu bien chaud cette nuit et une seconde polaire sera nécessaire pour les jours à venir.
En revanche les températures grimpent dans la journée tout en restant tout à fait supportables.
Nous progressons à un rythme qui me convient parfaitement (5 à 6 heures de marche par jour), et moi qui craignais de me retrouver à la traine, et d’avoir eu peut être les yeux plus gros que le ventre en choisissant ce trek, me voilà rassurée………
La difficulté dans le désert c’est que les pieds s’enfoncent dans le sable, rendant parfois la progression difficile et fatigante. Cela dit, tout ce qui pourra faire travailler mes petits muscles, passablement au repos le reste du temps, sera le bienvenu…………dans les limites du raisonnable (n’oublions pas que je suis tout de même en vacances).
Décrire les paysages somptueux que nous avons traversé tout au long de la journée est assez difficile, voire impossible. La roche est friable et nous évoluons au milieu des formes sculptées par le vent et laissées à la libre interprétation de l’imagination .



Ce qui est agréable aussi c’est que nous sommes seuls. Nous ne croisons personne et avançons tranquillement de plateaux en plaines et de plaines en plateaux, le soleil dans le dos afin de ne pas perdre une miette du spectacle qui s’offre à nous.



De temps à autre on s’arrête à l’ombre d’un rocher pour boire et manger des dattes dont je me régale (hyyyyyyyypercaloriques les dates !!! pas sur du tout que je maigrisse cette semaine).
A midi nous étalons des matelas par terre autour d’un tapis qui nous sert de table et nous embrayons dés la dernière goutte de thé avalée sur une sieste délicieuse à l’abri du soleil.
Nous sommes arrivés ce soir au bivouac ¾ d’heure avant la nuit qui tombe tôt (avec ce temps magnifique nous avons tendance à oublier que c’est tout de même l’hiver……), et du coup nous avons pu monter les tentes sans avoir à batailler avec les lampes de poche, les fils et la toile (noter pour plus tard : acheter une frontale qui libère les mains).
Les tentes sont d’ailleurs plutôt petites et j’ai un peu de mal à caser mon 1m75 qui tient pile poil dans l’espace qui m’est attribué. Un bonnet de nuit sur la tête m’obligerait à me replier………….
Je partage d’ailleurs ma tente avec une autre fille sympathique et discrète, mais surtout plus petite et qui a la gentillesse de m’autoriser à mettre mon petit sac à dos contenant l’appareil photo (la prunelle de mes yeux) à ses pieds.
Le reste de nos bagages passe la nuit dehors…….pas de risque de pluie ici.
Bien évidemment aucune possibilité de douche et encore moins de bain. Mes cheveux sont revenus à l’état sauvage (il ne leur aura pas fallu bien longtemps) et je ne dois plus ressembler à grand chose. Je dis «je dois» car je n’ai pas de miroir pour vérifier et ça n’est pas plus mal………le choc pourrait me terrasser……
Quand je passe ma main dans mes cheveux j’ai le sentiment d’effleurer une botte de foin mal ficelée et je masque tout ça sous un chapeau le jour et un chèche le soir.
J’ai profité de l’obscurité après le montage des tentes pour m’isoler loin du camp et faire une petite toilette sommaire à l’aide de lingettes et à la lampe de poche. Le froid tombant avec la nuit j’ai du me faire violence pour me déshabiller.
Cela étant on s’habitue plutôt vite et ce qui nous semble indispensable dans notre vie quotidienne fini par le devenir beaucoup moins ici.