La nuit dernière j’ai été réveillée par l’orage…………
C’est assez inhabituel au mois de février, mais le temps s’étant considérablement radouci ces derniers jours, ceci explique cela.
Il devait être 2 ou 3 h du matin (je n’ai pas la lumière sur mon réveil, comme ça c’est toujours la surprise quand il sonne……….j’adoooore les surprises), et enfouie sous ma couette et mon édredon, bougrement contente d’être là plutôt qu’à l’extérieur, j’entendais la pluie s’abattre sur les volets et le tonnerre gronder.
Ca a duré un bon moment, et le sommeil n’est pas revenu tout de suite.
Ca a duré un bon moment, et le sommeil n’est pas revenu tout de suite.
Le nez dans l’oreiller, les oreilles aux aguets pour suivre l’évolution de l’orage, je me suis alors rappelée un petit jeu que j’avais inventé pour mon frère, ma sœur et moi lorsque nous étions enfants par ces nuits d’orage.
Nous passions nos vacances dans un petit village des Alpes de haute Provence dont je vous parlerai sans doute un jour tant ce lieu est important à mes yeux. En montagne les orages sont souvent assez spectaculaires mais aucun de nous trois n’était particulièrement terrorisé par ces spectacles sons et lumières dont nos parents nous avaient expliqués en long en large et en travers toutes les ficelles.
Le jeu n’était réalisable que si l’orage avait lieu en soirée après l’heure du coucher.
Nous logions sous les toits dans une ancienne ferme perdue dans la campagne, et j’adorais cet endroit car ma sœur et moi avions droit chacune à un vieux lit très haut et large, qui craquait à chaque mouvement. Mon frère plus jeune dormait dans la même pièce que nous, dans un lit «classique», et je craignais qu’un jour il ne réclame lui aussi le droit à l'un de ces vieux lits et qu’il faille alors que l’une d’entre nous ne lui cède le sien par souci d’égalité (à chaque vacances nous nous jetions sur NOS lits sans lui laisser le choix).
Par chance, il s’en foutait……
Nous étions couchés depuis un moment à chuchoter entre nous le plus bas possible pour ne pas que les parents nous entendent et l’orage commençait………
Le jeu consistait à se tenir hors du lit au bout de la chambre dans le noir en attendant le premier éclair. Lorsque celui-ci déchirait l’obscurité il fallait alors regagner son lit et s’enfouir au plus profond sous les draps avant que le tonnerre ne gronde. Une fois le tonnerre passé, on ressortait du lit et on retournait au bout de la chambre en attendant l’éclair suivant. L'idée était de faire ça en silence.......
Umberbracht, plus malin, ne participait pas (il connaissait la fin), mais gloussait dans son lit.
Au début nos allées et venues étaient faciles………mais la tension montait au fur et à mesure que l’orage approchait. Quand enfin il était au dessus de la maison l’excitation avait atteint son maximum. Nous courions pieds nus sur le plancher en riant comme des fous, et nous nous jetions sur nos lits qui craquaient plus que jamais. Au milieu des éclairs, du tonnerre, et de nos cavalcades, le brouhaha devenait infernal.
La foudre finissait toujours par tomber…………immanquablement………….mon père déboulait à bout de nerf dans la chambre, en demandant « Nom de Dieu !!!!! » ce que nous pouvions bien faire comme bordel pour produire un pétard pareil !!!!!!!
J’ai fini par me rendormir……..en souriant à ce souvenir.



